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 Bordeaux - Histoire -

La naissance de Bordeaux n'est pas liée aux qualités du site, car, ville d'embouchure située sur une avancée du plateau landais, elle fut longtemps cernée de marais pestilentiels.
On ne distingue, en conséquence, guère de traces d'occupation du site avant le Ier siècle de notre ère.

Antiquité

Les Bituriges vivisques fondèrent Burdigala au Ier siècle et elle devint rapidement avec les romains une capitale provinciale florissante. La ville fut particulièrement prospère sous la dynastie des Sévères (193-235), elle englobait alors le mont judaïque, actuel quartier Saint-Sernin.

En 276, la ville est pillée par une horde de vandales et s'enferme dans l'enceinte rétrécie de ses murs. Mais elle continue à briller pendant plus d'un siècle, illustrée par ses poètes chrétiens (Ausone 309-394) et ses saints (saint Paulin de Nôle 353-431).

Ausone, grand propriétaire terrien, professeur à l'université, préfet des gaules et consul, mais aussi poète nous a laissé à travers ses écrits des témoignages précieux de la vie à Bordeaux à cette époque. Il nous décrit la douceur de vivre durant la Pax Romana.

Cette paix fut interrompue par les invasions barbares successives. Les Vanadales en 409, les Wisigoths en 414, les Francs en 498, et les Normands au X ème siècle.

Alors Bordeaux sombre dans une longue période d'obscurité.

Moyen-Age

Il faut attendre le XIIème siècle et le mariage d'Aliénor d'Aquitaine, ancienne épouse de Louis VII, avec Henri II Plantagenet en 1154, pour que Bordeaux retrouve de sa splendeur.

Pendant trois siècles, Bordeaux devient ville anglaise et l'Aquitaine, prononcée à l'Anglaise, devient la Guyenne. Bordeaux s'agrandit et se dote d'une deuxième enceinte.

Au XIIIème les exportations de vin vers l'Angleterre lui donnent une nouvelle prospérité.

Toutefois la tutelle de la royauté anglaise reste légère car en définitive le souverain est peu présent. Ainsi la jurade de la ville peut-elle garder les privilèges qui lui ont été accordés par Henri III en 1254.

A cette époque la cathédrale Saint-André est édifiée et son archevêque Bertrand de Got devient pape sous le nom de Clément V, en 1305.

La cité médiévale connaît son apogée sous le règne du Prince Noir, Edouard de Woodstock. Son père le roi Edouard III d'Angleterre lui donne la Guyenne en propre. De 1362 à 1372 Bordeaux devient brièvement capitale d'un État indépendant. Mais la pression fiscale imposée aux seigneurs gascons est si forte que le Prince Noir doit bientôt renoncer à son projet d'ériger la Guyenne en Etat autonome. En outre, les assauts répétés de Charles V et de son connétable Du Guesclin réduisent les possessions anglaises à une étroite bande de terres de Bordeaux à Bayonne.

A la fin de la Guerre de Cent Ans, la Bataille de Castillon (1453) fait revenir Bordeaux sous l'autorité du roi de France. Mais la ville n'apprécie guère la tutelle parisienne.


De Charles VII à Louis XIV

Charles VII fait édifier les Châteaux Trompette et Du Hâ pour surveiller la ville hostile et à cette époque le commerce avec l'Angleterre s'effondre.

Louis XI magnanime restitue à Bordeaux ses libertés et crée le parlement en 1462.

En 1585, Montaigne devient maire. La ville apaisée trouve dans le commerce du pastel de Garonne une nouvelle source de profit.

Mais pendant les luttes de la Fronde entre la noblesse française et le roi, les bourgeois de Bordeaux forment la conjuration de l'Ormée.

Ce n'est qu'en 1653, quand le jeune Louis XIV fait son entrée dans la ville soumise par les armes, que Bordeaux accepte enfin d'être partie du royaume de France.

De 1650 à la Révolution

La seconde apogée de Bordeaux va du milieu du XVII ème siècle à la Révolution française. Le siècle d'or de la ville est d'abord celui de son port, dont le trafic s'est considérablement diversifié depuis le difficile redémarrage du XVI ème siècle.

Les vins forment toujours la cargaison essentielle des navires qui mouillent devant les quais de Bordeaux.

Mais la ville s'est aussi tournée vers le commerce colonial du sucre, la traite des esclaves. Les archevêques de la maison de Rohan et les intendants et gouverneurs installés par le roi de France embellissent la ville, assèchent les faubourgs marécageux et insalubres, aménagent les anciens remparts. La ville est une des capitales européennes des Lumières, dont Montesquieu est le précurseur.

Bordeaux est frappé par la Révolution et par l'Empire, qui empêchent le commerce atlantique. Elle songe un moment à se révolter à l'appel des députés girondins, mais le conventionnel Tallien y fait régner la terreur.

Quand s'effondre l'empire napoléonien, Bordeaux est la première ville à accueillir les princes de la maison de Bourbon. En l'honneur de la ville fidèle, le fils du duc de Berry, comte de Chambord, reçoit le titre de duc de Bordeaux.

XIX ème siècle

Ce n'est qu'à partir de 1840 que le négoce bordelais s'ouvre de nouveaux horizons sénégalais avec le négoce de l'arachide. Bordeaux redevient alors un grand port colonial et la tête de lignes de messageries vers l'Amérique du Sud et Centrale.

A la fin du siècle la ville s'industrialise avec des entreprises chimiques, métallurgiques, alimentaires et les huileries. Au même moment le phylloxéra touche le vignoble.

XX ème siècle

Pendant la première guerre mondiale Bordeaux connaît une certaine prospérité avec les usines d'armement et devient à partir de 1917 un des points de passage de l'armée américaine. Elle est aussi à cet instant la ville de l'Action Française et de des ligues qui rendent le climat politique agité.

La deuxième guerre mondiale marque une nouvelle période de troubles pour Bordeaux. Des déportations eurent lieu et les responsabilités sont encore mal définies. Adrien Marquet, le maire de la ville est condamné par la haute cour à l'indignité nationale. Des personnages comme le préfet Papon restent obscurs.

La ville trouva, au lendemain des conflits, un salut en Jacques Chaban-Delmas général de la résistance, devenu maire de la ville en 1947.

Il mit en place une politique culturelle avec l'organisation de plusieurs festivals, une politique d'urbanisation pour l'extension de la ville.

En parallèle une nouvelle industrialisation débuta dans les années 70 avec l'aérospatiale et l'usine Ford, alors que le négoce s'écroulait.

Progressivement avec la crise économique et la montée du chômage, la gestion de la ville par l'équipe de Chaban-Delmas fut critiquée et il doit céder la place à Alain Juppé en Juin 1995.

Pour conclure on dira que Bordeaux a longtemps eu la réputation d'une ville bourgeoise, ou l'oligarchie provinciale règne. Elle est actuellement une grande ville universitaire, au patrimoine architectural important, qui se tourne de plus en plus sur le tourisme forte de ses atouts gastronomiques et d'un environnement naturel exceptionnel.